Comment tirer parti de l’Internet des Objets : nouveaux business models et retours d’expériences

Le Club des Partenaires IT, qui a eu lieu mercredi 5 octobre 2016, a mis à l’honneur un sujet incontournable dans la transformation numérique : l’Internet des Objets. Dans les locaux de Swisslife Banque Privée, partenaire de l’évènement, six personnalités ont livré leurs visions et leurs retours d’expériences en matière d’objets connectés. Ces témoignages riches et concrets ont permis aux participants de découvrir les problématiques et les opportunités liés à ce sujet.

Plus que de simples gadgets, les objets connectés sont aujourd’hui des outils qui peuvent améliorer la vie quotidienne des malades, réduire la consommation d’énergie des bâtiments ou encore optimiser le rendement des cultures. Derrière ces promesses se cachent de profonds changements au sein des entreprises. Elles doivent réinventer leurs business models, faire évoluer leurs organisations…mais elles ne doivent pas le faire seules. C’est en travaillant ensemble que des projets IoT pourront être menés à bien. Et les éditeurs de logiciel font partie de cet écosystème. Charge à eux de prendre le sujet en main puisque d’ici 2020, le nombre d’objets connectés pourrait atteindre la barre des 100 milliards.

 

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Visions des intervenants sur les opportunités de l’Internet des Objets

 

Marc Genevois – directeur France de SAP

L’éditeur de logiciel européen vient d’annoncer un plan de 2 milliards d’euros dans l’Internet des Objets sur les cinq prochaines années, suite à l’acquisition de deux entreprises spécialisées dans l’IoT et la création de centres R&D à travers le monde.

« Sur l’IoT, notre objectif est d’aider les entreprises à collecter des informations qui viennent de capteurs, de les analyser, de faire du prédictif, et de les insérer dans le SI pour qu’elles soient utilisées par l’entreprise en temps réel. Nous avons annoncé récemment un partenariat avec Bosch pour connecter leurs usines. Pour le futur, nous faisons le pari du BtoB. Le domaine du grand public est souvent dominé par les Américains et les Chinois alors qu’en BtoB, et particulièrement dans l’industrie du futur, les Européens ont clairement la capacité de développer un savoir-faire pour se positionner de façon crédible dans le marché mondial. »

 

Stéphane Allaire – président d’Objenious

Créée début 2016, Objenious est une filiale de Bouygues Telecom dédiée à l’Internet des Objets. Basée sur la technologie LoRa, elle compte déployer 4000 antennes sur le territoire français d’ici la fin de l’année.  

« Un des avantages de l’IoT est la consommation d’énergie. Le gros problème avec les objets connectés classiques comme l’Apple Watch, est qu’il faut les recharger régulièrement. Si demain vous mettez un capteur sur une vis ou une poubelle, vous n’aurez pas besoin de le recharger tous les soirs. Aujourd’hui, on est train de faire des objets qui ont un réseau dédié pour être capable d’envoyer des messages rapidement et ont une autonomie suffisante pour durer dix ans sans avoir à les recharger. Je note un seul frein dans l’IoT : le prix des objets. Pour l’instant il est encore élevé, sauf que demain, il faudra en mettre des millions sur le territoire français. »

 

Alain Roset – directeur innovation et des ruptures de La Poste

Pour répondre à la crise du courrier, le Groupe La Poste a créé en 2014 une branche numérique qui enregistre aujourd’hui entre 500 à 600 millions de chiffre d’affaires.

« Pour nos projets IoT, nous travaillons avec des start-up qui sont ancrées dans les territoires car nous voulons aussi emmener les facteurs dans cette dynamique. D’ici quelques années, ils devront changer une batterie ou faire une release complète du logiciel d’un capteur. En raison de l’ADN de La Poste, nous avons donc décidé de nous orienter sur le grand public. Cependant, il ne faut pas penser que le marché du grand public est simple à pénétrer. Par exemple, le bracelet connecté est un beau cadeau de Noël mais il termine à Pâques sur une étagère ou dans une poubelle. Par contre, nous concevons un marché BtoBtoC avec systématiquement un intermédiaire qui apporte le service et la valeur ajoutée à l’objet. La seule question que je me pose est la suivante : va-t-on réussir à faire payer le service en France ? Il va donc falloir leur expliquer.»

 

Stéphane Gervais – directeur innovation du Groupe Lacroix

Le Groupe Lacroix est un intégrateur technologique, qui conçoit, fabrique et vend des produits déjà connectés qui permettent notamment de télé gérer les réseaux d’eau et d’énergie.

« Au début, l’IoT a changé notre chaîne de valeur. Faire des produits intelligents, connectés et autonomes a permis de diminuer cette chaîne de valeur et, nous-mêmes, de prendre plus de valeur. Les succès qu’on a en IoT sont très complexes en interne mais extrêmement simples à utiliser. Une fois que c’est mis en place, les clients ne s’en passent plus ! La révolution qu’on est en train d’essayer de mettre en place est d’essayer de vendre du service. Ce n’est pas le même budget, pas la même mentalité. C’est donc extrêmement difficile de changer de business model et de se remettre en cause. Et il ne faut pas oublier l’écosystème. Même si vous faîtes un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros, maîtriser toute la chaîne relève du fantasme. L’écosystème permet cette agilité, cette adaptabilité et surtout une couverture qu’on ne pourrait pas avoir. »

 

Xavier Boidevezi – directeur innovation du Groupe SEB

Le groupe d’électroménager a lancé en 2012 Cookeo, un multi cuiseur intelligent doté de 50 recettes. En 2014, l’entreprise a lancé Cookeo Connect, qui propose 150 recettes dans une application.

« La notion d’écosystème est importante pour un groupe comme SEB parce qu’il y a un vrai lâcher prise qui s’opère. Est-ce que demain nous travaillerons avec Philips ou Bosch ? Bien sûr qu’ils doivent être là parce que l’utilisateur ne va pas connecter son appareil Moulinex avec l’application Moulinex et son produit Tefal avec l’application Tefal… Il est donc évident de travailler sur une plateforme globale. En interne c’est aussi une rupture incroyable. Aujourd’hui elle n’est toujours pas vécue. Première raison : quand on a l’habitude d’avoir des processus bien huilés avec des phases et des revues de phases régulières, il est très difficile de travailler différemment du jour au lendemain. Cette transformation digitale va prendre un temps fou. Deuxième raison : ces nouveaux business models vont nécessiter du temps pour démontrer que ça marche. »

 

Damien Giroud – directeur France ITB de Schneider Electric

Schneider Electric est un spécialiste de la gestion de l’énergie qui recouvre cinq domaines : le résidentiel, le bâtiment intelligent, l’industrie, le smart grid et le datacenter.

« Pour fonctionner, les projets IoT vont avoir besoin de deux éléments importants : plus de temps réel et plus de bande passante. Avec les objets connectés, la donnée à gérer va devenir exponentielle. Faut-il la conserver dans des mega datacenters cloud où on aura d’énormes tuyaux à tirer ou va-t-on devoir favoriser le edge computing, c’est à dire délocaliser de la data pour certaines applications pour permettre un fonctionnement optimal ? La solution est le fameux edge computing. Evidemment, on va traiter les analytics dans le cloud car c’est devenu l’usage. Par contre, les applicatifs localisés seront traités par des plateformes edge.  En conséquence, les industriels commencent à s’équiper de micro datacenters. »

 

Suite aux différentes interventions et  échanges lors du dîner, les participants ont pu mieux saisir les enjeux autour l’IoT. Plus qu’un objet, un réseau et de la donnée en temps réel, l’Internet des Objets bouscule la chaîne de valeur, modifie l’expérience client et transforme les business models, quel que soit le secteur et la taille de l’entreprise. A la clé, de nouvelles opportunités : une meilleure connaissance de ses clients, la valorisation de la donnée et la création de nouveaux services.

Pour mener à bien son projet IoT, il est indispensable de travailler ensemble. Il est impossible de vouloir traiter le sujet de A à Z sans l’aide de partenaires. Editeurs de logiciels, opérateurs de réseau, start-up doivent donc bâtir et entretenir un écosystème qui inventera les expériences de demain.

Nos intervenants :

Ils sont venus partager leurs visions et expériences sur le sujet avec nos membres et invités.


  • Marc Genevois,
    Directeur France de SAP

  • Stéphane Allaire,
    Président d'Objenious

  • Alain Roset,
    Directeur innovation et ruptures de La Poste

  • Stéphane Gervais,
    Directeur innovation du Groupe Lacroix

  • Xavier Boidevezi,
    Directeur de l'atelier du digital du Groupe Seb

  • Damien Giroud,
    Directeur France solutions datacenter de Schneider Electric
2018-08-16T18:49:09+00:00