L’Open Innovation à la portée de tous

L’Open Innovation à la portée de tous

 

Sommes-nous tous égaux devant l’innovation, grands comme petits ? La question était au cœur des échanges de cette nouvelle soirée du Club des Partenaires IT. Réunies dans les salons du partenaire Swiss Life Banque Privée, les entreprises présentes ont pu discuter lors du dîner avec des représentants de grands comptes adeptes de l’open innovation, des start-ups (et notamment du gagnant du Grand Prix Alliancy 2015) et des spécialistes de la question, accompagnateurs ou tiers-lieux.

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Les invités ont été d’accord pour présenter la modernisation des approches d’innovation comme essentielle dans un monde où de plus en plus d’entreprises voient l’un ou l’autre des GAFA comme un concurrent, actuel ou futur. Bien entendu, cela ne signifie pas la fin des départements R&D ou des recrutements d’ingénieurs. Le sujet est finalement celui de l’ouverture, à des fins d’accélération et de réactivité. D’où des démarches d’open innovation qui se multiplient, véritable obsession chez les grands groupes. Toutefois, chez ces derniers comme chez les start-ups qui les intéressent, ou encore au sein d’autres entreprises innovantes de taille plus modeste, la remise en question est surtout culturelle, comportementale et organisationnelle. Les vieilles habitudes sont bousculées, les silos se fissurent pour faire bénéficier les équipes de la richesse de la transversalité. Comme l’a rappelé l’un des invités de cette soirée, les méthodes d’innovation de rupture existent depuis des centaines d’années, mais elles doivent s’adapter aux outils technologiques comme aux réalités quotidiennes et économiques. Et sur ce sujet, l’intelligence est définitivement collective.

Décryptage de nos intervenants : 

 

 

 

 

– Régine Combremont, directrice de la fabrique digitale de la SNCF

« Le numérique est comme le rock’n’roll dans les années 60 : une révolution culturelle qui sera bientôt totalement intégrée ». Ce dont nous parlons aujourd’hui, sera complètement commun demain. L’autre point à prendre en compte est que la croissance des entreprises du numérique est sans pareil et qu’elles finissent toujours par l’emporter. Nous aussi dans le transport, nous avons été secoués. Google vous fait toute votre chaine de voyage, se positionne entre le consommateur et l’opérateur de transport… La lutte est permanente. En 2008, nous nous sommes rendu compte que malgré notre capacité d’innovation, nous étions absents du monde des start-ups. Avec une organisation digne d’un orchestre symphonique, il nous a fallu pour y remédier aller un peu plus vers le jazz band : créativité, agilité, réactivité.

Trois leviers sont à notre disposition : d’abord le « Change », observer, se former et réinventer ce que l’on peut voir ailleurs. Ensuite, l’expérimentation – rencontrer les start-ups, aller voir l’extérieur. Enfin, se connecter, repérer les lieux où tout bouge vite et dresser des ponts avec la SNCF. Pour intégrer des démarches d’open innovation, il faut commencer par se dire humblement « je ne sais pas tout, je vais voir si d’autres réponses existent », la seconde c’est de croire en la co-construction. Avec ces éléments, nous avons multiplié les innovations : l’application Tranquilien, les bibliothèques digitales dans les TER, des applications métiers… Et en 2015, nous allons ouvrir les 574, des lieux à Paris, Lyon, Toulouse, Nantes et San Francisco, afin de prendre des projets internes et de les accélérer comme on pourrait le faire pour une start-up.

– Ludovic Parisot, directeur de projet; Direction Commerciale, Innovation et Nouveaux Métiers du Groupe GDF SUEZ 

La direction commerciale innovation et nouveaux métiers a été créée en mars 2014. Nous innovions évidemment avant cela, mais sur des temps beaucoup plus long, via la direction « recherche et technologie » du groupe. La vente des gaz de schiste aux Etats-Unis a beaucoup changé la donne : le marché est devenu très liquide et mouvementé d’un point de vue géopolitique. Pour ne pas se laisser surprendre, nous avons décidé d’avoir une approche de l’innovation sur des cycles bien plus courts, afin d’aller chercher de nouveaux modèles de croissance. Au sein de cette nouvelle direction, nous sommes 20 personnes, de 8 nationalités, aux profils un peu atypiques, organisés autour d’un fonds d’investissement doté de 100 millions d’euros, d’un pôle d’incubation des nouvelles idées de nos collaborateurs, d’un pôle de marketing stratégique et d’un autre en charge du rayonnement du groupe sur ces sujets.

Nous nous sommes ouvert sur l’écosystème pour innover, y compris à l’échelle mondiale. Le groupe a une image un peu poussiéreuse auprès des jeunes diplômés, il nous a fallu changer cela pour attirer plus de talents. Nous avons donc tiré la marque dans l’écosystème innovation avec des évènements et des partenariats. Nous réunissons beaucoup de start-ups pour leur faire rencontrer les différentes filiales du groupe. Nous avons aussi développé une plateforme d’open innovation, trait d’union entre interne et externe, qui permet de pousser des appels à projet mais aussi de laisser une porte ouverte pour les start-up qui souhaitent nous solliciter. Pour en arriver là, nous avons dû travailler à fédérer les savoir-faire et les métiers… et faire nos preuves. Heureusement, nous avons été rattachés directement à la présidence du groupe, ce qui nous a permis de légitimer notre parti-pris.

 

– Fabien Cauchi, directeur Secteur Public et Transport de CGI

L’open innovation est un nom qui se plaque sur des pratiques d’innovations existant depuis fort longtemps. General Electric, créé il y a plus de 150 ans, s’est ainsi développé grâce à de telles pratiques. Mais aujourd’hui, on entend dire que le numérique serait « naturellement » innovant. La preuve en est que nous jouons tous les jours avec des dizaines de buzzword, du Big Data jusqu’aux DevOps… Mais si je suis éditeur de logiciel, ou intégrateur, est-ce que tout cela me concerne vraiment ? En fait, tout est une question de transformation globale de l’économie qui nous impacte tous – acteurs de l’IT compris. A un moment donné, tout le monde va être bousculé et pas seulement les acteurs les plus traditionnels. Alors comment faire pour éviter de percuter le mur ? Tout le monde n’a pas les moyens de lancer un fonds d’investissement ou des accélérateurs de start-ups !

Mais l’open innovation ce sont de nombreuses pratiques différentes, qui visent avant tout à accélérer le partage entre l’ensemble des acteurs internes et externes d’une entreprise. C’est s’ouvrir aux idées déjà qui permettront à mon business model de se réinventer. Rien de magique : c’est un état d’esprit et de la volonté. Ce n’est pas évident pour toutes les organisations, mais l’argument fort est que de telles approches sont également un potentiel accélérateur de business vis-à-vis des clients directement. Et des écosystèmes d’open innovation, il y en a aujourd’hui partout en France, pas seulement au Numa à Paris ! Les clubs open innovation en font partie : ils sont à côté de chez vous et près à apporter plus de rupture dans les approches traditionnelles de l’innovation.

– Eric Burdier, Directeur Général de Axeleo 

Les grands groupes se demandent régulièrement où aller chercher des idées nouvelles. Aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, ces idées, ces ruptures, viennent des start-ups. Or, le nombre de start-ups créées est en pleine explosion. Elles viennent de tous les secteurs et deviennent très rapidement globales. Peu ou prou, tous les acteurs sont donc concernés par cette logique. Beaucoup de grands acteurs du marché parlent de leur démarche d’open innovation ouvertement.

On peut alors se demander quel est l’envers du décor, côté start-up ? Dans 9 cas sur 10, malgré la motivation du côté des grandes entreprises, un projet d’innovation peut malgré tout ne pas aboutir car, en face, les start-ups auront une maturité insuffisante sur le sujet. On voit de très belles technologies, mais pas de produits finis, des niveaux d’exigences sur la qualité de service attendu d’un partenaire assez variables… Chez la fondation Axeleo, un accélérateur, nous avons donc souhaité aider les start-ups à élever ce niveau de professionnalisme, afin de lier open innovation et réalité business. Les start-ups que nous accompagnons ont déjà une certaine force de frappe, mais veulent passer à l’étape supérieure, pour être capable de collaborer dans la durée avec de grands groupes.

– Marc Frentzel, Directeur Technique de VMWare

L’innovation est fondamentalement un challenge. Chez VMware, pendant des années nous avons travaillé autour 2 ou 3 produits seulement… or, aujourd’hui nous en avons plus d’une centaine au catalogue. La clef a été d’avoir un moteur d’innovation en renouvellement permanent au sein de l’entreprise, ainsi qu’une capacité d’ouverture vers l’extérieur à la fois d’un point de vue marché et d’un point de vue partenaires. Comment avons-nous développé cela ? Sur nos 18 000 salariés, 6 000 travaillent en R&D. Il a fallu cependant s’assurer que la réflexion sur l’innovation et les nouvelles solutions n’étaient pas limitées aux silos de la R&D. Beaucoup d’outils le permettent. Premier exemple : avoir une boite à outil et une boite à idée pour permettre à chaque collaborateur de s’emparer du sujet. Chez nous, cela s’appelle XLR8 : chaque employé peut ainsi proposer ses idées à un comité de revu qui inclut à la fois des dirigeants, des développeurs, des ingénieurs…

Ensuite, les mentalités doivent évidemment changer. Tout employé peut aller passer 3 mois dans une autre organisation, quelle qu’elle soit. Par ailleurs, le challenge pour les éditeurs de logiciel internationaux, c’est aussi de s’assurer de capacité de développement dans leur pays d’origine, mais dans tous les autres également. Afin de capter les talents, les compétences et les idées, venus d’ailleurs.

Pour assurer de la qualité des échanges, nous avons pu aussi lancer un concours où une équipe de développeurs collabore avec des équipes tout à fait différentes, juristes, services généraux, marketing, pour trouver une idée, la mettre en place et lancé les premiers développement en 3 fois 24h.

Et pour chaque initiative, le but est clair : créer une émulation et une effervescence permanente au sein de l’entreprise..

 

Le prochain dîner aura lieu mercredi 10 juin 2015.

 


  • Régine Combremont
    Directrice de la Fabrique digitale de la SNCF

  • Ludovic Parisot
    Directeur de projet; Direction Commerciale, Innovation et Nouveaux Métiers du Groupe GDF SUEZ

  • Fabien Cauchi
    Directeur Secteur Public et Transport de CGI

  • Eric Burdier
    Directeur Général de Axeleo

  • Marc Frentzel
    Directeur Technique de VMWare
2018-08-09T01:13:53+00:00