Comment Insuffler la culture du changement

Comment Insuffler la culture du changement

Pour sa 11e année d’existence, le Club des Partenaires IT mise plus que jamais sur la découverte et l’accompagnement des synergies naissantes et des rencontres des acteurs de l’écosystème. « Notre ambition : vous faire rencontrer les personnes qui pourront être utiles à votre business » a rappelé en introduction Sylvain Fievet, président du Club. Pour proposer toujours mieux à ses membres, le Club des Partenaires va donc plus que jamais se renouveler en 2015 afin de fournir à tous de nouvelles opportunités sur-mesure. Le changement était d’ailleurs au cœur de cette soirée, en tant qu’enjeu majeur pour les entreprises confrontées à des transformations numériques, multiples et de plus en plus poussées. Avec une question centrale : « Comment insuffler la culture du changement ? »

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Le changement est-il forcément une souffrance ? Doit-il toujours se faire au forceps dans les entreprises ? Dans un monde, où l’on nous répète tous les jours que l’accélération est partout, que le numérique met sans dessus-dessous habitudes et activités, il est désagrable de se dire qu’une transformation est vouée à être difficile.

Le sujet n’est pas seulement celui des grandes entreprises, paquebots qui modifient leur cap sur le temps long, il est une réalité pour presque toutes les structures. Car au centre du jeu, c’est l’humain qui pose question, ses peurs, sa conscience des enjeux et la sortie nécessaire de sa zone de confort. Les français souffrent-ils particulièrement de lacunes en la matière ? Peut-être manquent-ils de curiosité vis-à-vis d’autres disciplines, cultures ou façons d’aborder les problèmes. Et parfois d’humilité à le reconnaitre. Mais aucune généralisation n’est possible. A chaque entreprise, son histoire, sa réalité quotidienne et sa culture. Cette dernière est d’ailleurs le plus petit dénominateur commun : car une fois la culture du changement présente dans l’entreprise, se transformer devient une réalité permanente.

Décryptage de nos intervenants : 

 

 

 

Didier Krainc, directeur général IDC France

Dans beaucoup d’entreprises, les structures lourdes, les habitudes, les rentes de situation, les processus bien rodés… créent des problèmes quand il s’agit de mettre en place un nouveau système ou d’intégrer le numérique au sens large. Ce sont des problèmes avant tout humain et bien souvent, le meilleur déclic est effectivement de se rendre compte que dans ce nouvel univers changé, son propre travail peut disparaitre rapidement si l’on ne s’adapte pas. Le danger est le déclencheur. Heureusement, les jeunes générations qui intègrent les entreprises depuis plusieurs années, sont beaucoup plus sensibles à ces dynamiques de changement.

– Muriel Barneoud, directrice générale de Docapost, et présidente du collège éditeur du Syntec Numérique

Notre lecture est trop souvent celle du monde « d’avant ». Editeurs, ESN, Conseils… ce sont des étiquettes pour des entreprises traditionnelles. Il nous faut voir plus loin. Acteurs de l’IT, nous accompagnons nos clients dans leur transformation mais nous devons nous transformer nous-mêmes. Et pour apprendre à changer, il faut avoir conscience de la mortalité. Cela va mettre l’entreprise en mouvement. Il ne faut pas se laisser tétaniser par la peur, mais savoir qu’à un moment, l’entreprise peut vraiment s’arrêter, si rien n’est fait. Il faut l’admettre : les business ne seront plus jamais comme avant. Le numérique est puissant et légitime, par le pouvoir essentiel qu’il donne à l’individu, citoyen, client, salarié… On ne résiste pas à cette vague, on doit l’appliquer, y compris pour des univers où ces questions paraissent lointaines.

 

– Françoise Farag, présidente de Salvia Developpement

La culture du changement me parle d’autant plus que je ne suis pas une native de l’IT, mais linguiste de formation ! Quand Salvia Developpement s’est séparé du groupe Sage en 2013, nous avons repris un statut de PME. Liberté et agilité, les enjeux étaient très différents. En octobre 2013, nous avons entamé notre nouvel exercice avec un hackhaton auquel étaient associés nos clients. A un tournant technologique entre SaaS et mobilité… nous avions besoin de permettre à ceux qui le voulaient de se confronter à ces nouvelles réalités techniques et aux nouveaux besoins clients. Ce genre d’évènement est très intense mais la dynamique de changement créée est bien réelle.

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– Sylvie Chauvin, DRH de Figaro Classified et présidente du club « Les DRH du digital »

La naissance de Figaro Classified en 2006, qui a fusionné deux job boards concurrents, a été en soi le fruit d’une véritable transformation. Dans les faits, le changement c’est tout le temps. Depuis 2006, mon métier s’est complètement transformé. Pour évoquer ces réalités, l’armée américaine utilise l’acronyme VUCA (Volatilty, Uncertaintly, Complexitiy, Ambiguity) : des règles, aux usages en passant par les outils, quel que soit le domaine, ce qui était vrai hier ne l’est plus aujourd’hui et le sera encore moins demain. Le passé ne permet plus de prédire l’avenir… Pour un DRH cela change tout ! Aujourd’hui, il faut penser autrement, changer les règles, travailler en mode projet afin de renaître.  Au milieu des publications gratuites et des réseaux sociaux, les job boards par exemple, ont dû totalement se réinventer. Pour cela, il faut aller au niveau des équipes et instaurer cette culture du changement. C’est le travail du trio gagnant : DG, DSI, DRH.

– Blandine Langlois, DRH de Rue du Commerce

Ce n’est pas parce que l’on change de logos, d’équipes ou même de direction que l’on maîtrise la culture du changement. Le manque de temps à consacrer au changement est souvent ce qui finit par tétaniser les salariés. Quand l’entreprise se cherche, les collaborateurs sont tentés de ne pas s’engager… Pour dépasser cela, il faut se recentrer : rassurer l’individu et mettre en évidence ce qui fait sens pour son quotidien. La DRH doit faire en sorte que la transformation ne soit pas une remise en cause de la qualité de travail de tous. Il faut privilégier le collaboratif, la relation, le travail commun, la connaissance de l’autre. La confiance, en l’avenir, en son voisin, en soi, est la clef de la transformation… et elle se trouve parfois dans les détails.

 

– Marc Tillet, directeur des opérations de la Mutuelle Familiale

Dans les opérations, pour amener un changement d’ADN, il faut travailler sur le long terme. Un simple changement d’outil ne sera pas suffisant. Ce sont les mentalités, les indicateurs et les engagements qui doivent être modifiés. Avec la Mutuelle Familiale, mon enjeu est d’acter ces changements sans remettre en question les valeurs mutualistes cruciales qui forment notre identité. Dans ce cadre, nous changeons notre système d’information. Et l’objectif n’est pas tant d’innover de manière géniale, mais plutôt de faire en sorte que nos collaborateurs soient toujours avec nous dans 2 ans, pour les étapes suivantes.

 

Le prochain dîner aura lieu mercredi 8 avril.

 


  • Blandine Langlois
    DRH de Rue Du Commerce

  • Françoise Farag
    Présidente de Salvia Developpement

  • Marc Tillet
    Directeur des Opérations de la Mutuelle Familiale

  • Muriel Barneoud
    PDG de Docapost, présidente de la commission éditeurs du Syntec Numérique

  • Sylvie Chauvin
    DRH de Figaro Classified et présidente du Club des DRH du net
2018-08-09T01:08:30+00:00