Comment créer des géants français du logiciel ?

Comment créer des géants français du logiciel ?

Quelles sont les recettes pour s’imposer à l’international quand on est français ? Cette question s’est inscrite en filigrane de la 46e rencontre du Club des Partenaires IT, le 8 avril dernier. Ce dîner-débat, dans les locaux place Vendôme de SwissLife Banque Privée, partenaire de l’évènement, a permis de donner la parole à des acteurs ayant réussi le pari, mais également à ceux qui les accompagnent… ainsi qu’à obtenir une vision venue d’outre-Atlantique, celle du Vice President of Strategic Initiatives d’Intersystems, à la longue expérience en la matière. Comme il est dorénavant coutume pour le Club, deux start-up étaient également présentes pour partager à table leurs propres enjeux et problématiques avec les invités.

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La France et ses entreprises ne pèchent ni par leur envie d’aller à l’international, ni par la qualité de leurs technologies. Ce fut peu ou prou le rappel global des intervenants de la soirée, qui ont mis en lumière la nature des défis rencontrés quand un acteur souhaite devenir un « grand ».

Evidemment, pour s’imposer il convient tout d’abord d’orchestrer et de savoir surfer sur la rupture, notamment en termes d’innovation d’usages, mais aussi de conception du go-to-market, comme l’a rappelé Bertrand Diard de Talend.  Ces opportunités ne sont pas instinctives et ne viendront pas forcément de l’écoute des clients, souvent frileux face aux forts changements, a souligné Richard Currier d’Intersystems. Même une fois les idées trouvées et la stratégie imaginée, il va falloir les mettre en musique. Et là, c’est avant tout la culture d’entreprise qui risque d’être remise en question, surtout face aux croissances très rapides.

Le temps file et il est difficile de s’adapter… pour « réussir à faire travailler tout le monde ensemble dans une entreprise devenant globale » a détaillé Jean-Lauris Pradeilles d’Axway, qui a été confronté à la problématique après le rachat de 2 acteurs américains. Changer la vision de la dynamique entrepreneuriale en France pourrait contribuer à niveler vers le haut les différences culturelles et favoriser le développement de grands français. A condition également de trouver au départ les bons financements, sans se perdre dans les arcanes de la bureaucratie hexagonale. « L’accélération passe aussi par la simplification » a, à ce titre, mis en valeur Patrick Coquet, le délégué général de Cap Digital.

Si les défis restent immenses, nos invités se sont toutefois tous accordés pour achever les débats sur une note positive : les nouveaux modèles, économiques et technologiques, font que les acteurs français n’ont jamais été mieux armés pour partir à la conquête du reste du monde… à condition d’être prêt à changer de style.

Décryptage de nos intervenants : 

 

 

 

 

– Didier Krainc, Directeur Général – IDC France

C’est le Cloud et le SaaS qui tirent la croissance du marché du logiciel aujourd’hui et en porteront l’essentiel d’ici 2017.  Ils sont aussi une opportunité pour s’internationaliser beaucoup plus facilement. C’est une chance, même pour les petits éditeurs, pour ne pas se cantonner à un marché franco-français. Et très clairement : ceux qui réussissent sont ceux qui s’exportent.

– Richard Currier, Vice President of Strategic Initiatives d’Intersystems

Réussir une telle percée [à l’international], c’est un peu l’école des coups durs… Le temps est votre ennemi : il ne faut pas se laisser distraire. Résumons 3 règles. D’abord, trouver la véritable opportunité pour cette percée et méfiez-vous ! Vos clients vous conduiront sur le mauvais chemin à tous les coups en termes d’innovation… Ensuite, ces percées peuvent se résumer à offrir quelques réponses clefs que vos concurrents n’apportent pas. Faites simple. Enfin, votre révolution doit aussi se faire sur le « go-to-market » et ça, même les plus petits peuvent y arriver et faire la différence avec de l’imagination.

– Bertrand Diard, Chairman & CEO co-founder de Talend

Créer de la rupture doit se faire sur la partie technologique mais également dans la culture de votre entreprise, dans vos recrutements… Cette culture doit permettre de se préparer à l’hyper-croissance alors que l’on a très peu de temps pour changer. Ne vous y trompez pas, il y a 60 000 français dans la Silicon Valley, nous y avons une excellente réputation… mais il est toujours difficile de partir d’un petit marché comme la France comme tremplin. En France, nous sommes en train de développer notre culture entrepreneuriale. Il faut sortir du cadre de pensée tout fait : il est possible d’entreprendre et de réussir partout dans le monde.

– Jean-Lauris Pradeilles, SVP, EMEA Marketing de Axway

Notre croissance profitable en France nous permet de financer notre développement à l’international. Pour être un acteur majeur dans le logiciel, il faut être aux Etats-Unis. La partie la plus simple a été d’acheter deux entreprises américaines et d’installer le Directeur Général aux USA. Faire travailler tout le monde ensemble, a été au contraire le défi souvent sous-estimé par les français. Il ne s’agit pas de faire de l’export, mais d’avoir une approche intégrée globale. Cela veut dire changer de mentalité.

– Patrick Cocquet, Délégué Général de Cap Digital

Depuis 8 ans, nous aidons les entreprises à croître plus vite, à travers 4 piliers : animer l’écosystème, favoriser la R&D, faciliter le développement et l’accès aux financements et mettre en lumière les initiatives, les innovations, les succès…. Des programmes existent pour aider les entreprises à accélérer, à penser global. Pour aller plus loin, il faut clarifier et aligner tous les soutiens et les aides qui existent en France. L’accélération passe par la simplification.

 

Focus Start-up

Dataiku

Nous sommes nés il y 15 mois et sommes aujourd’hui 15. Nos clients sont des entreprises qui sont déjà bien installées mais risques d’affronter une concurrence forte dans quelques années, par exemple américaine. Elles ont beaucoup de données et souhaitent bâtir quelque chose d’intelligent dessus, sans savoir comment faire. Nous leur proposons un outil qui leur permet de s’appuyer sur leurs ressources existantes, pour partir des données brutes et atteindre des modèles d’analyses prédictives, jusqu’à créer les applications qu’elles imaginaient.

www.dataiku.com

Neediz

Créé en 2011, nous sommes cinq. Nous proposons, sur Google Apps, une plateforme pour permettre aux collaborateurs des entreprises d’obtenir une vision consolidée et unique de la base de connaissance de leur entreprise. Nous sommes allés très tôt à l’international, notamment au Japon. Là-bas, les différences culturelles ne sont pas neutres ! Il faut tenir compte d’une réalité, les japonais sont toujours connectés. J’ai même pu réaliser une visio-conférence en direct depuis le métro de Tokyo vers la France, sans aucune coupure pendant 35 minutes… Il faut donc savoir adapter son discours.

www.neediz.com

 


  • Bertrand Diard
    Chairman & CEO co-founder de Talend

  • Jean-Lauris Pradeilles
    SVP, EMEA Marketing de Axway

  • Patrick Cocquet
    Délégué Général de Cap Digital

  • Richard Currier
    Vice President of Strategic Initiatives d’Intersystems
2018-08-09T00:57:23+00:00